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Epilepsies et les médicaments antiépileptiques
Les médicaments antiépileptiques

Le traitement de l’épilepsie repose quasi toujours sur la prise de médicaments antiépileptiques. Ils diminuent l’hyperexcitabilité cérébrale responsable des crises.

Il est en outre très important d’avoir une bonne hygiène de vie : abstention d’alcool et heures de sommeil en suffisance.

Règles générales

Un traitement antiépileptique doit toujours être pris de manière continue, quotidiennement, sans interruption. L’oubli ou l’arrêt brutal du traitement peut favoriser la survenue de nouvelles crises.

Certains médicaments ont une durée d’action supérieure à 24 heures, et il suffit donc de les prendre une fois par jour. D’autres ont une durée plus brève et seront pris en deux ou trois fois, répartis si possible uniformément sur 24 heures (par exemple : 7h, 16h, 22h), afin que le taux du médicament dans le sang soit le plus régulier possible tout au long de la journée et de la nuit.

Certaines crises ont un horaire particulier, toujours le même chez un patient, et ne nécessitent donc pas une "couverture" de 24 heures : par exemple les crises de milieu ou de fin de nuit seront supprimées par une seule prise de médicament au coucher.

Une fois commencé, le traitement durera en général un minimum de deux ans, après quoi, si le patient n’a plus aucune crise, on pourra dans certains cas envisager une diminution très progressive du traitement avant son arrêt complet. Certains traitements peuvent durer plusieurs années voire pendant toute la vie (comme pour le diabète). C’est souvent le cas, par exemple, lorsque l’épilepsie est en rapport avec une lésion cérébrale.

Il ne faut jamais arrêter brutalement un traitement, que ce soit pour changer de médicaments ou pour toute autre raison. Le passage d’un médicament à un autre se fait progressivement.

La plupart des épilepsies sont stabilisées par un seul médicament : cela s’appelle monothérapie. Ce n’est que dans 30 à 40% des cas qu’il faut associer deux médicaments complémentaires (ou davantage) pour obtenir un arrêt des crises (polythérapie).

Le traitement médicamenteux ne constitue jamais une garantie de ne plus avoir de crise. Il reste possible d’en présenter une ou l’autre de temps en temps malgré un traitement adéquat. Dans 20 à 30% des cas, des crises continuent à survenir alors que le traitement est correctement suivi : on parle alors d’épilepsie réfractaire.

Médicaments disponibles sur le marché

Le nombre de médicaments antiépileptiques est relativement limité, en comparaison par exemple avec les antibiotiques. Toutefois, plusieurs nouveaux médicaments antiépileptiques ont été mis sur le marché ces dernières années et les choix de prescription se sont élargis.

Les plus anciens médicaments antiépileptiques sont le phénobarbital (Gardénal®) et la phénytoïne (Epanutin®, Diphantoïne®, Dihydan®).

La carbamazepine (Tégrétol®) et l’acide valproïque (Dépakine®, Convulex®) sont utilisés depuis plus de vingt ans et sont très efficaces dans de nombreux types de crises.

La primidone (Mysoline®) et l’ethosuximide (Zarontin®) ont des indications très restreintes.

Les antiépileptiques les plus récents sont :

Gabapentin – NEURONTIN®
Lamotrigine – LAMICTAL®
Levetiracetam – KEPPRA®
Oxcarbazépine – TRILEPTAL®
Tiagabine – GABITRIL®
Topiramate – TOPAMAX®
Vigabatrin – SABRIL®

Statistiquement parlant, ces médicaments ne sont pas plus efficaces que les anciens, mais ils ont généralement moins d’effets secondaires. Ils sont plus onéreux pour la sécurité sociale. Leur remboursement est soumis à des conditions très strictes et un accord doit être demandé au Médecin-Conseil de la Mutuelle. Ils sont actuellement indiqués essentiellement en association avec les antiépileptiques plus anciens pour le contrôle des crises partielles. Il est probable que leurs conditions de remboursement s’élargiront progressivement.

Le choix du traitement antiépileptique que prescrira votre médecin va dépendre du type d’épilepsie dont vous souffrez, des propriétés du médicament (métabolisation, effets secondaires, nombre de prises…) et de son expérience. Il doit vous renseigner aussi complètement que possible sur la manière correcte de prendre le traitement, les effets secondaires qui peuvent survenir… N’hésitez pas à poser des questions ! ! Il est très important d’être bien informé.

Souvent le traitement doit être débuté progressivement pour éviter les effets secondaires. Les nouveaux médicaments ne nécessitent pas de surveillance sanguine.

Plusieurs médicaments du groupe des "Benzodiazépines" sont antiépileptiques (Rivotril, Valium, Frisium). Leur efficacité comme antiépileptique est souvent transitoire. Ils ne sont malheureusement pas remboursés par l’INAMI car ils sont aussi utilisés pour d’autres problèmes.

Effets secondaires

La plupart des médicaments antiépileptiques (et ceci est vrai pour tous les médicaments) ont certains effets indésirables. Ils sont en général limités, particulièrement si on peut se contenter de donner la dose minimale efficace pour stabiliser les crises.

Les effets indésirables habituels sont détaillés dans les notices médicamenteuses et nous ne les reprenons pas ici. Sachez toutefois que dans ces notices, on signale des ennuis même rarissimes (de l’ordre de 1 sur 10000 ou 20000 cas). Il ne faut donc pas s’inquiéter outre mesure à la lecture de ces documents et toujours signaler en premier lieu au médecin toute anomalie qu’on croit due au médicament.

Certains effets secondaires se rencontrent avec tous ces médicaments et sont liés à la dose et/ou à la vitesse à laquelle le traitement est entrepris : somnolence, vertiges… Ils sont aigus et réversibles.

D’autres effets secondaires apparaissent plus progressivement et sont liés à un usage chronique. Ils sont propres à chaque médicament : prise de poids, hypertrophie gingivale... Ils sont lentement réversibles.

D’autres effets secondaires sont rares, inattendus, propres à l’individu, et potentiellement très graves : c’est le cas de la réaction immunoallergique qui se manifeste par une éruption cutanée et qui impose l’arrêt du traitement. Il faut immédiatement consulter votre médecin.

Perspectives d’avenir

La recherche pharmaceutique se poursuit activement pour mettre au point soit de nouvelles formes de médicaments connus pour leur facilité d’utilisation (par exemple : des formes "retard" pour permettre une seule prise par jour), soit surtout de nouveaux médicaments antiépileptiques. Certains seront dérivés chimiquement de produits déjà disponibles, d’autres sont des molécules originales. Ces produits représentent un nouvel espoir pour les patients non ou mal contrôlés par les traitements actuels.

Question pratique

Pour faciliter la prise régulière des médicaments, il existe des boîtes comprenant des compartiments pour chaque jour de la semaine et pour les différentes prises de la journée. A se procurer chez le pharmacien ou à la Ligue francophone belge contre l’Epilepsie.